Résistance et mémoire
Partie 1 : La quête: qui est le résistant inconnu?
Un massacre oublié de la Seconde Guerre mondiale se déroule le 3 mars 1944 dans un hameau ardéchois. Il y avait 15 habitants. 16 corps sont retrouvés. Qui est cet inconnu? Le journaliste Olivier Bertrand part à la recherche de son identité.
Chaque année, le village Labastide-de-Virac commémore ses martyrs. Le maire énumère les noms des habitants massacrés par les SS le 3 mars 1944. L’assemblée répond « mort pour la France ». Pendant longtemps, quand le maire terminait par «un inconnu», le journaliste Olivier Bertrand avait du mal à retenir ses larmes.
«Il y a quelques années, je me suis décidé à enquêter pour essayer de découvrir l’identité de ce jeune homme. Pour être honnête je n’y croyais pas beaucoup, près de 75 ans après sa mort», explique t-il. Son enquête le mène à un maquis de résistants: Bir-Hakeim.
Il suit leurs traces au cours d’un «road trip» historique, d’archives départementales en archives départementales. Il découvre leur vie quotidienne. Depuis une bergerie de l’Aveyron, ils montent les couleurs, s’entraînent à présenter les armes, se baignent comme le feraient des scouts. Puis il y a les premiers combats, la fuite, les vols d’armes, l’enlèvement de deux commissaires… Ces jeunes se cachent peu, ils sont intrépides, ils sont « imprudents ».
Jean Brusson est le dernier survivant des débuts de Bir-Hakeim. Du haut de ses 98 ans, il raconte face au public comment il s’est engagé, les secours apportés à un blessé. Quand on lui demande s’il se souvient de l’hymne de Bir-Hakeim, il rigole. Oui, il s’en souvient.
L’inconnu était un résistant de Bir-Hakeim. Il a protégé la fuite du maquis face aux Allemands. Son surnom était Grand-père. Son nom Desandre. Il manque encore des pièces au puzzle.