Fin

Mediavivant tire sa révérence

L’aventure de Mediavivant s’achève avec le sentiment d’avoir contribué à faire de la scène un nouveau porte-voix de l’information.

Publié le 22 Jan 2026

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Dernière mise à jour le  22 Jan 2026  à  12h01.

Les lumières ne s’allumeront plus sur les journalistes, maîtrisant leur trac, prêt·e·s à prononcer leur texte sans hésitation, pour informer, surprendre et toucher un public en attente.

En juin dernier, nous annoncions que la quatrième saison ne démarrerait pas à la rentrée. Nous sommes, malheureusement et malgré nos efforts, dans l’incapacité de programmer de nouvelles enquêtes sur scène.

L’histoire de Mediavivant s’achève.

Notre ambition de casser les codes et d’inventer un nouveau support médiatique pour redonner confiance dans l’information s’est formalisée lors de la création de l’association, le 9 juin 2021. Le projet, atypique, s’est concrétisé le 17 novembre 2022 avec notre première enquête, « Marioupol : la ville martyre racontée par ses habitants » (Laurent Geslin), présentée face à 200 personnes à La Friche la Belle de Mai.

Nous sommes particulièrement fier·es de notre dernière saison. Elle a su mener plus loin notre vision éditoriale, en racontant la guerre et la réalité des camps de réfugié·es en Cisjordanie Little Gaza, dans les camps de réfugiés en Cisjordanie » par Alice Froussard), en révélant des informations exclusives Face au privilège des jets » par Daphné Gastaldi et Mathieu Martinière) ou en menant trois enquêtes sur scène grâce à nos projets d’éducation populaire à l’information.

5 000 personnes ont assisté à une enquête sur scène

En près de trois ans, ce ne sont pas moins de 37 enquêtes qui ont été jouées face au public. Mediavivant a compté trois salarié·es. Vingt-huit journalistes sont monté·es sur les planches. De la mise en scène à la réalisation des affiches, en passant par la captation, le montage des enquêtes en podcast, la communication ou la stratégie éditoriale, une quinzaine de prestataires ont rendu cette aventure possible. Les bénévoles qui se relayaient pour vous accueillir chaque mois au tiers-lieu de La Fabulerie, toujours fidèle, n’ont jamais perdu leur enthousiasme pour faire de ces soirées des moments exceptionnels.

Vous êtes près de 100 000 à avoir regardé nos enquêtes sur notre chaîne YouTube et surtout 5 000 à vous être déplacé·es. Quel autre média peut s’enorgueillir de rencontrer aussi régulièrement son public et de tisser avec lui une véritable complicité ? Merci pour votre fidélité, vos soutiens et vos mots d’encouragement qui, chaque mois, nous donnaient la motivation nécessaire pour bâtir l’enquête suivante.

Votre soutien était aussi financier. Vous avez toujours répondu présent lorsque nous vous avons sollicité·es et nous vous en sommes profondément reconnaissant·es.

Notre média, à la fois numérique et scénique, exige cependant des dépenses conséquentes – plus de 137 000 euros pour l’année 2024 – et malgré tous nos efforts, nous n’avons pu réunir les ressources financières et humaines nécessaires.

Mediavivant s’arrête mais les enjeux demeurent.

L’espoir du journalisme sur scène

À l’heure où les monstres se réveillent de par le monde, où le risque d’ingérence et la manipulation de l’information à des fins politiques sont une réalité, où l’extrême droite s’installe confortablement dans notre paysage médiatique, il est plus que jamais nécessaire de défendre l’indépendance de la presse.

Cette bataille est la responsabilité de toutes et tous. La vie démocratique nécessite d’être constamment stimulée pour résister. Ce combat se poursuit avec des médias qui, parfois artisanalement, font entendre une autre voix face aux grands groupes de presse.

Ces voix, pour résister, doivent sans cesse se réinventer. Faire parvenir l’information, par des moyens originaux, au plus grand nombre en est une clé. Mediavivant a apporté sa pierre à l’édifice. Nous sommes plus que jamais convaincu·es que la scène lève les doutes sur la provenance d’une information, fait passer des émotions essentielles pour se sentir concerné·es et agir, et privilégie les liens fraternels dans un monde numérisé…

De plus en plus, des médias comme Le Monde ou Libération vont à la rencontre de leur public. Précurseur, Le Live Magazine continue de remplir les salles. Nos ami·es, Les 3 Ours, essaiment l’actualité sur les scènes bretonnes. L’hebdomadaire Tribune de Lyon achète une salle de spectacle. De plus en plus de journalistes, de leur propre initiative, adaptent leurs enquêtes pour les raconter face au public.

Ce journalisme sur scène se cherche encore, mais il porte l’espoir.

Jean-Baptiste Mouttet

Mediavivant, c’était:

. Une équipe permanente

Alix de Crécy: cofondatrice en charge du développement

Daphné Gastaldi: rédactrice en cheffe

Jean-Baptiste Mouttet: cofondateur

Jean-François Poupelin: coordinateur de l’activité éducation populaire à l’information

. Une association

Julien Vinzent: président

Caroline Marcel: trésorière

Alima El Bajnouni, Timothée Dereix, Nancy Robert, Yann Stéphant

. Une équipe de bénévoles

Fabrice Andréani, Laurent Boy, Emma Breton, Natacha Cauvin, Baptiste Merle, Romain Meynier, Elsa Mingot, Julie Pacorel, Thomas Petitberghien, Amaury Piotin, Ludovic Rérolle,  Zacharie Signoles, Mathieu Vernusse, Elodie Vialle, Isabelle Wesselingh.

. Ils ont travaillé à nos côtés

Christophe Andrieu (web designer), Cyril Bommelaer (monteur), Julie Borel (illustratrice, graphiste), Luca Bondioli (régisseur),Florent Calvet (réalisateur, photographe), Eric de Crécy (directeur artistique), Victor Janjic (réalisateur), Alice Krief (ingénieur du son), Fatiha Lamfaddel (restauration), Anthony Lopez (régisseur),Wissem Moumtaz (restauratrice), Théo Nicolas (régisseur), Aude Ollier (metteuse en scène, comédienne), Scott Périn (réalisateur), Margaïd Quioc (réalisatrice), Théo Radakovitch (régisseur), Quentin Tenaud (auteur, réalisateur audio), Samuel Wahl (journaliste, coordinateur du temps de l’échange avec le public).

Les photographes: Mörgan Bourdeau, Alberto Campi, Pierre Ciot, Matthieu Colin, Patrick Gherdoussi, Emilio Guzman, Victor Janjic, Arthur Larie, Anthony Micallef, Geneviève Mitry

Mais aussi: Acseo (agence digitale et informatique), Endrix (cabinet d’expertise comptable), Divergence image (équipe de photographes), Brasserie de Mars (restauration).

. Les journalistes qui sont montés sur scène:

Mourad Aerts, Feriel Alouti, Violette Artaud, Joachim Barbier, Leïla Beratto, Olivier Bertrand, Sarah Brethes, Mélissande Bry, Coline Charbonnier, Laurène Daycard, Alice Froussard, Daphné Gastaldi, Laurent Geslin, Stéphanie Harounyan, Mathieu Magnaudeix, Fanny Marlier, Mathieu Martinière, Margaux Mazellier, Anaïs Moran, Jean-Baptiste Mouttet, Fabien Perrier, Annabelle Perrin, David Perrotin, Jean-François Poupelin, Margaïd Quioc, Marius Rivière, Taina Tervonen, Chloé Triomphe.

. Sans oublier nos partenaires fidèles:

Marsactu, Mediapart , Society, qui ont été à nos côtés du début à la fin. Libération, La Revue Dessinée avec qui nous avons mené des enquêtes sur scène.

La Fabulerie (tiers-lieu et association d’éducation populaire), qui a accueilli de nombreuses enquêtes sur scène. Urban prod (association d’inclusion sociale et d’insertion professionnelle) qui a hébergé notre rédaction et a cru au projet avant même le lancement.


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