50 ans de féminisme

Nantes, future ville féministe ?

En proposant une approche systémique du genre dans ses politiques publiques, la commune se veut pionnière en faveur de l’égalité femmes-hommes.

Publié le 26 Fév 2024

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Dernière mise à jour le  26 Fév 2024  à  17h00.

Le sud-ouest de la ville de Nantes. 2016 Crédit : W. Chevillon
Le sud-ouest de la ville de Nantes. 2016 Crédit : W. Chevillon

La maire, Johanna Rolland, l’avait promis lors de sa campagne pour sa réélection en 2020, Nantes deviendra « la première ville non sexiste de France en dix ans ». Une promesse qu’elle ne cesse de renouveler depuis le début de son deuxième mandat, comme récemment, lors d’un meeting sur les droits des femmes et le féminisme en Europe organisé par le PS et le parti socialiste européen dans la cité des Ducs en janvier 2023. Pourquoi une telle prise de position ?

Des siècles à rattraper

Lors de l’enquête sur scène « 50 ans de féminisme – Ces Marseillaises qui ont repris la rue », les témoins ont souvent évoqué le manque de représentation des femmes et minorités de genre dans l’espace public. C’est pourquoi, depuis 2016, la Ville de Nantes veille à équilibrer les nouvelles dénominations de rues et d’établissements. 238 noms de femmes ont ainsi été attribués, soit autant qu’en deux siècles. Depuis 2020, la ville propose également les Journées du Matrimoine pour mettre en lumière la place des femmes dans l’histoire de Nantes.

Œuvrer pour un espace public plus inclusif, c’est aussi lutter contre l’insécurité et donc contre les violences sexistes et sexuelles. En novembre 2022, Nantes accueille les premières Assises nationales de la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle a également ouvert « Citad’elles » en novembre 2019, un lieu d’accueil pour les femmes victimes de violences. Ce site, qui avait été demandé par les associations d’accompagnement de victimes, propose un accueil permanent, gratuit et confidentiel. Depuis sa création, ce sont en moyenne 3 nouvelles femmes victimes de violences par jour qui sont accueillies, soit plus de 3 200 femmes en deux ans, selon Oxfam France.

Autre projet allant dans ce sens : la ville a décidé de lancer un plan expérimental de mise à disposition libre et gratuite de protections hygiéniques dans différents lieux publics. Un sujet essentiel alors qu’encore aujourd’hui 1 Français·e sur 2 pense que les règles sont un tabou.

Des expérimentations pour arriver à l’égalité

Comme l’a expliqué Sophie Roques, adjointe au Maire de Marseille en charge de l’Etat civil et présidente d’HES France, lors de notre enquête sur scène,  le rééquilibrage des subventions allouées par la ville en faveur des associations de lutte contre le sexisme joue un rôle central dans la restructuration de l’espace public. C’est pourquoi à Nantes, la ville expérimente une budgétisation sensible au genre décrite dans un rapport sur le budget 2023. C’est par exemple le cas pour le Conservatoire de musique, dont les financements sont analysés afin de savoir s’ils bénéficient davantage à la pratique culturelle des garçons, au détriment des filles.

Pour continuer de faire avancer l’égalité femmes-hommes en partenariat avec le tissu associatif féministe nantais, la municipalité nantaise a lancé un réseau de la ville non-sexiste, le 9 novembre 2023. Il fait suite auConseil pour l’égalité femmes-hommes (2015-2019). Ce réseau regroupe des élu·es, des associations, des entreprises, des institutions, experts ou non de la lutte contre le sexisme. Son but : ouvrir le dialogue avec la société civile pour nourrir les politiques publiques et mobiliser l’ensemble du territoire. Au programme pour 2024 : la création d’un annuaire destiné à mettre en valeur l’état des lieux de la lutte contre le sexisme sur la ville, une journée d’animation destiné au grand public ou encore l’appui à la mise en œuvre de la politique publique (lieux, dispositif safe bar, parentalité…). Reste à savoir si cet élan sera à la hauteur des attentes des militant·es nantaises.

Margaux Mazellier


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