50 ans de féminisme

Malgré des scissions, remobiliser pour la journée des droits des femmes

Pour reprendre l’espace public, la date du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, se prépare avec de nombreux collectifs à Marseille.

Publié le 19 Fév 2024

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Dernière mise à jour le  19 Fév 2024  à  17h30.

Manifestation du 25 novembre 2023, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, à Marseille. Crédit : Alix de Crécy
Manifestation du 25 novembre 2023, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, à Marseille. Crédit : Alix de Crécy

Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, approche. L’an dernier, « on était très nombreux.ses car il y avait un contexte avec les manifestations contre la réforme des retraites et qu’on s’y était pris.es assez tôt», remarque une membre de Marseille 8 Mars (M8M). 4 000 personnes ont alors défilé à Marseille.

Pourtant, l’événement n’a pas toujours connu un tel succès. Comme rappelé lors de l’enquête sur scène  « 50 ans de féminisme : Ces Marseillaises qui ont repris la rue » l’appel national du collectif #NousToutes réunissait 150 000 personnes en 2019 mais seulement 500 à Marseille.

Depuis 2018, le collectif M8M, et avant lui Marseille féministe, mènent un travail de remobilisation autour du 8 mars et du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Un travail qui semble avoir payé puisque chaque année les manifestant.es se font plus nombreux.ses. Elles étaient 3 500 le 8 mars 2020.

Les divisions ont traversé les mobilisations du 8 mars. En raison de conflits intergénérationnels entre les associations historiquement organisatrices et le récent collectif Marseille féministe, la manifestation était parfois scindée en deux comme en 2019. La défense des travailleur·euses du sexe, la lutte contre la transphobie et l’islamophobie sont des sujets de dissensions.

Cette année, le collectif a opté pour une inter-organisation, qui permet davantage de diversité avec aussi bien CGT Educ’action, Risposte antifasciste que Extinction Rebellion Marseille, Collages Féministes Marseille ou Paye ta pension alimentaire.

Lors de la prochaine Assemblée générale le 20 février, l’inter-organisation votera la non-mixité choisie sur les stands : « Le 25 novembre dernier on a voulu mettre l’accent sur les collectifs anti-racistes, et on s’est rendu.es compte qu’il y avait beaucoup d’hommes cisgenre mais pas assez de femmes ou de minorités de genre pour représenter ces collectifs ».

Une émission radio

Au programme pour le 8 mars prochain, une zone d’occupation féministe (ZOF) sera installée tout l’après-midi sous l’ombrière du Vieux-Port. Sur place, un espace garderie est même prévu pour les parents, tenu par le collectif La Bulle et le collectif Enfantiste 13. Plusieurs stands d’associations locales seront présents. Certaines d’entre elles, proposent des animations comme l’atelier « Écriture aux prisonnières » organisé par Urgence Palestine Marseille, le Violentomètre proposé par AdelphiCité, ou encore l’atelier pancartes animé par M8M.

Sur la ZOF également, un plateau radio sera monté. Lors d’une émission diffusée en direct sur Radio Galère, un « micro volant » circulera tout l’après-midi pour discuter avec les personnes présentes. « On va notamment se demander comment en tant que militantes féministes on se positionne par rapport à toutes les attaques actuelles : la loi immigration, la réforme de l’assurance chômage ou l’interdiction du port de l’Abaya», précise une membre de M8M. Cette fois-ci, une partie de l’émission sera consacrée à la mise en perspective du 8 mars par rapport au contexte national et international. Parmi les sujets abordés par exemple, la situation actuelle à Mayotte ou encore les axes féministes de la loi immigration.

Malgré l’inter-organisation, cette année encore, il y aura un deuxième appel à manifester indépendant émanant notamment du collectif 13 Droits des femmes, au départ de la gare Saint-Charles.

Margaux Mazellier


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